Politiques et baisse des émissions de CO2 dans le secteur du bâtiment. Préparons-nous vraiment 2050 ?

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Selon Serge Lepeltier, invité d’honneur de l’atelier-débat organisé par l’association Equilibre des Energies (EdEn), le 16 janvier 2014 :

« Il faut absolument sensibiliser l’ensemble de la classe politique à la baisse des émissions de CO2 et à la nécessité de mettre en place, rapidement, une décarbonation des énergies.  Les réglementations s’appuient sur la réduction des consommations pour atteindre les objectifs du facteur 4 et n’abordent pas le problème sous l’angle «réduction des émissions de carbone » qui est pourtant la priorité.»

Atelier-débat avec,

- Serge Lepeltier, Maire de Bourges, ancien Ministre de l’écologie et du développement durable (2004-2005) et Ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique (2011 à 2013),

- Jean Bergougnoux, Président de l’association Equilibre des Energies, Membre du comité d’experts sur la transition énergétique et ancien Directeur général d’EDF (1978-1994).

La priorité au niveau de l’union européenne, mais aussi au niveau mondial, est-elle la réduction des émissions de CO2 ou la baisse des consommations d’énergie ?

Rappel. Les trois objectifs retenus par l’Europe à horizon 2020 ; les « 3 x 20»:

- réduire de 20 %, voire 30 % si l’on parvient, à un accord mondial satisfaisant sur le climat, les GES de l’U.E par rapport à leur niveau de 1990,

- porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale de l’Union,

- réduire de 20 % la consommation européenne d’énergie.

Selon Jean Bergougnoux, les pouvoirs publics en France s’appuient essentiellement aujourd’hui sur une réduction des consommations d’énergie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et atteindre les objectifs du facteur 4.

Or, La baisse des consommations d’énergie dans le transport et le bâtiment ne suffit pas à garantir une baisse des émissions de CO2 à hauteur de nos engagements.

Pour Jean Bergougnoux, « il est toujours très difficile de courir 3 lièvres à la fois. La maîtrise des émissions de CO2, dues aux usages de l’énergie, doit rester le principal enjeu des politiques énergétiques des différents pays de l’Union européenne. En effet, entre 1990 et 2010, on constate une hausse de 12% de la consommation de l’énergie finale, qui correspond à une hausse de 16% de l’énergie primaire, mais une baisse de 4,5% des émissions de CO2 ! Alors que la Commission Européenne doit annoncer très prochainement un durcissement les objectifs pour 2030, peut-on continuer de nous appuyer sur la baisse des consommations pour espérer baisser nos émissions de gaz à effet de serre ? »

Il est nécessaire de sensibiliser l’ensemble de la classe politique. La décarbonation de l’énergie doit être une priorité des pouvoirs publics.

Selon Serge Lepeltier, « il est clair que pour lutter contre le réchauffement climatique, le seul objectif doit rester la baisse de nos émissions de Gaz à effet de serre. Et, cela ne peut pas  s’appuyer uniquement sur la baisse des consommations d’énergie. La classe politique n’est pas assez informée et les réglementations actuelles sur les constructions neuves le confirment. Seule la réduction de la consommation est prise en compte, pas les émissions de carbone, ce qui est un non-sens en vue de l’enjeu. Les élus ne sont pas sensibilisés au mix-énergétique ou aux solutions existantes en matière d’efficacité active des bâtiments permettant pourtant un retour sur investissement très rapide. Il est urgent de communiquer auprès de l’ensemble de la classe politique afin que la décarbonation des énergies consommées soit la priorité de notre transition énergétique ».

S’appuyant sur son expérience à la mairie de Bourges, ville avec un des plus ambitieux plans de renouvellement, Serge Lepeltier confirme que même les professionnels ont du mal à évaluer concrètement la réduction des émissions de CO2 alors que la baisse des consommations reste une notion beaucoup plus concrète.

« A partir du moment où la solution retenue consomme moins d’énergie, les élus locaux, moi y compris, ne s’interrogent jamais sur les consommations de CO2. Dans le cas de chaudière à bi-énergies par exemple, il n’y a pas de comparaison entre les différentes options. On choisit systématiquement le gaz sans se soucier si une solution à l’électricité aurait pu être aussi performante tout en produisant moins de CO2. Il faut absolument que cela change afin d’imposer une évaluation basée systématiquement sur les coûts économiques mais aussi sur les coûts environnementaux. Les textes réglementaires ne parlent pas « émission carbone ».

L’expression en énergie primaire retenue par la réglementation est également, selon Serge Lepeltier, une aberration. C’est une notion difficile à comprendre et inutile qui ne fait que nous éloigner de notre objectif prioritaire : la baisse des émissions de CO2.

A propos de l’association Equilibre des Energies (Eden)

Equilibre des Energies (EdEn), créée en 2011, réunit professionnels, industriels, institutionnels et particuliers qui souhaitent bâtir le renouveau énergétique du bâtiment en s’appuyant sur un mix décarbonné des énergies conciliant performances économique, énergétique et environnementale. Ainsi, Eden participe au débat national sur la transition énergétique afin que les réglementations garantissent une politique cohérente et pérenne. Son objectif est que la réduction inéducable des émissions de gaz à effets de serre soit une opportunité de croissance et de compétitivité, mais aussi, de lutte contre la précarité énergétique.

Pour Eden, l’innovation et les nouvelles technologies, utilisées notamment dans les solutions bi-énergies couplant l’électricité avec le gaz, le bois ou le fioul, mais aussi en domotique ou pour le déploiement d’un réseau intelligent, sont des leviers essentiels qui permettront de respecter nos engagements du Grenelle de l’environnement et de développer les énergies renouvelables.

En prônant une efficacité énergétique, passive et active, des bâtiments et une décarbonation aussi poussée que possible des énergies, Eden participe à la construction d’un avenir énergétique responsable et durable.

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