«Rénovation thermique et transition énergétique, quels financements ? » atelier avec René Ricol et Jean Bergougnoux, organisé par l’association Equilibre des Energies (EdEn) le 17 octobre 2013

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La transition énergétique passera par un financement public-privé, une mixité des solutions énergétiques et le soutien à l’innovation technologique

René Ricol, Président de Ricol & Lasteyrie, Commissaire général à l’investissement dans le gouvernement Fillon et, Jean Bergougnoux, Président de l’association Equilibre des Energies et membre du comité d’experts sur la transition énergétique ont débattu, lors du petit déjeuner du 17 octobre organisé par l’association Equilibre des Energies, sur le thème :

«Rénovation thermique et transition énergétique, quels financements ? »

Un consensus national s’oriente vers une mixité de solutions tant pour les financements publics & privés que pour les technologies à développer dans le cadre d’une transition énergétique permanente qui concerne tout le continent européen. L’équilibre d’un mix énergétique est indispensable, selon les ressources disponibles dans chaque région. Pour la rénovation thermique, où la priorité doit être de lutter contre la précarité énergétique, mixer travaux d’isolation et solutions bi-énergies est une bonne solution, d’autant plus avec la montée en puissance de l’électricité décarbonée. Mais pour aboutir, la rénovation thermique doit être financée par un partenariat public privé (PPP).

Pour atteindre le facteur 4, il faut mixer les énergies

Jean Bergougnoux rappelle que la maîtrise des émissions de co2 dues aux usages de l’énergie apparaît aujourd’hui comme l’enjeu central pour réussir la transition énergétique en Europe. Si la sobriété énergétique est nécessaire, elle reste insuffisante pour espérer atteindre l’objectif ambitieux d’une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre. La conférence Internationale sur le climat organisée en France en 2015 le confirmera. Pour mémoire, petit rappel des faits :

- 1990-2050, objectif de division par 4 des émissions de co2 ;

- 1990-2010, hausse de 12% de l’énergie finale et de 16% l’énergie primaire pour une baisse de 4,5% des émissions de co2 ;

A ce propos, René Ricol ne comprend pas la décision validant l’interdiction d’exploitation du gaz de schiste. Un budget avait été réservé par le CGI (Commissariat  Général à L’Investissement), pour qu’un comité d’experts, puisse réaliser des recherches sur une exploitation des roches sans fracturation. En renonçant au gaz de schiste, la France favorise une production énergétique industrielle européenne qui s’appuie sur le charbon. « On ne peut même pas savoir si la France possède des réserves importantes ! Les nappes phréatiques, comme le ciel au dessus des centrales nucléaires n’ont pas de frontières. La cohérence de la transition énergétique est un enjeu permanent au moins sur tout le continent européen, si ce n’est au niveau mondial ».

Il faut investir dans l’innovation, l’industrie des EnR, mais aussi simplifier les procédures administratives

M. Ricol poursuit son plaidoyer pour l’innovation industrielle qui, selon lui, a décliné depuis la fin des années 70. Le CGI réunit toutes les compétences internationales pour investir 35 Mds dans une industrie qui peut encore développer des leaderships mondiaux. Selon lui par exemple, concernant l’industrie  photovoltaïque (PV), Il est urgent de concevoir le plus de pièces d’un panneau PV en Europe afin de baisser nos importations de Chine.

D’autre part, il faut être reconnaissant à Louis Gallois de poursuivre le travail du Commissariat dans une continuité assez rare pour être soulignée, entre deux majorités. Le CGI doit identifier et motiver les innovations industrielles, via les laboratoires d’excellence, afin que les industriels répondent aux appels à projet et que se développent les filières d’excellence et d’avenir françaises et européennes.

En revanche, pour rester compétitif, il faut simplifier les procédures administratives car les financements publics de la transition énergétique, aux conditions d’applications compliquées, ne sont pratiquement pas utilisés et leurs objectifs parfois mal définis en amont.  Les effets d’annonce des gouvernements pour financer une aide spécifique ne sont en général suivis de peu d’effets à cause de la complexité des procédures de mise en œuvre.

René Ricol croit aussi au mix-énergétique des voitures hybrides car le tout électrique pose aujourd’hui le problème du recyclage des batteries, les véhicules électriques étant évidemment utiles dans les villes pour réduire la pollution affectant la santé des gens.

Mettre en place un partenariat public-privé pour financer  la transition thermique

Il faut la aussi faire appel au bon sens selon les deux intervenants. « Les particuliers, notamment les plus précaires, n’ont pas pour priorité de rénover leur habitat mais de se chauffer ! » s’est exclamé René Ricol.

Pour René Ricol, c’est un partenariat public-privé qui doit financer la rénovation thermique. Comme les opérateurs Telecom financent les smartphones moyennant un engagement d’abonnement sur la durée. « EDF et GDF-Suez pourraient par exemple financer les travaux de rénovation nécessaires pour isoler les logements les plus vétustes en proposant en contrepartie aux occupants de geler le montant de leurs factures durant les trois années suivantes. La baisse d’au moins 20% de la consommation d’énergie permettrait ainsi de rembourser les fonds investis par les industriels et la rénovation n’engagerait donc pas les propriétaires à subir des frais supplémentaires en période de crise».

Même position du côté de Jean Bergougnoux « plutôt que de recommander des travaux de rénovation mal encadrés, il serait préférable d’accompagner les particuliers pour changer tous les radiateurs électriques d’ancienne génération, énergivores et très couteux d’un point de vue environnemental. En France cela représente 1 million de foyers. Leur remplacement correspondrait à 1 ou 2 tranches de centrale nucléaire. »

Pour les deux intervenants, la mise en place d’un partenariat solide public-privé permettrait d’éclairer une situation qui bénéficie surtout aux opportunistes qui se sont improvisés « rénovateur thermique » pour profiter des avantages fiscaux et qui nuisent aux professionnels du secteur.

Il autoriserait des stratégies raisonnées, cohérentes avec les engagements du facteur 4, mais aussi avec la logique économique et, favoriserait le développement des dernières technologies éprouvées pour leur efficacité : pompe à chaleur, chaudière bi-énergies ; vecteurs électriques avec intelligence embarquée, système thermostatique…

Prochain atelier-débat, jeudi 28 novembre ,

de 8h30 à 10h au Café le Waknine (75016 Paris )
« Le bâtiment intelligent dans la rénovation»

avec Didier HERVE, VP Directeur Eco-business de Schneider Electric

A propos de l’association ’Equilibre des Energies (EdEn)

Equilibre des Energies (EdEn) regroupe énergéticiens, industriels, constructeurs et promoteurs de logements, organismes de logement social, associations de consommateurs. Elle milite en faveur de l’utilisation rationnelle des énergies dans les bâtiments à usage résidentiel et tertiaire et donc pour un juste équilibre entre les énergies dans le bâtiment. A l’heure de la montée en puissance des énergies renouvelables, ce juste équilibre défendu par EdEn passe par la reconnaissance et la prise en compte des solutions les plus innovantes qu’offre le vecteur électrique décarboné.

Suivez l’association Equilibre des énergies sur Twitter : @Equili_Energies et #Eden

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